15/09/2011

BRÈVE RENCONTRE

Il était juste sept heures. Le lac était baigné dans cette quiétude matinale et la nature saluait les premiers rayons d'un soleil automnal. La grande salle du restaurant de l'hôtel de la Plage était encore vide, les petits pains et croissants attendaient le rush des premiers clients. Je venais de prendre place à ma table quand au loin, dans les flots calme du lac, je l'aperçu. Elle se baignait, seule. L'eau devait être fraiche mais elle ne semblait pas s'en soucier. J'appris quelques minutes plus tard, lorsqu'elle vint rejoindre sa table pour déjeuner, qu'elle était Suédoise, qu'elle s'appelait Maline E..., qu'elle travaillait pour Levis et que parallèlement elle lançait un pain de sa fabrication frappé sur sa croûte de l'empreinte d'une feuille de hêtre. Son anglais était parfait bien qu'elle vivait à Berlin. Grande, blonde aux yeux bleus transparents, son large décolleté laissait mon regard plonger sur la naissance de ses très beaux seins. Comme si on se connaissait depuis longtemps. Elle me parlait  non stop de ses projets, me donna sa carte, je lui tendis la mienne. Son Audi Quattro flambante neuve l'attendait sur le parking. Elle me confia qu' elle devait rejoindre le village de Gruyère;, tenez-vous bien pour acheter du fromage et passer la nuit à l'hôtel de la Cigogne. Seule. A cet instant, à ce mot exactement, une envie subite de la suivre me tenailla, mais la raison et mon travail de député m'attendait dans une commission et le devoir fut plus fort.Avec nostalgie, je lui tendis ma main pour m'en aller. Elle sourit, se releva et s'approcha de moi pour m'embrasser. Un délicat parfum de jasmin l'entourait. Comme le coup de dague du matador, mon cœur se mit à battre la chamade.C'était comme au cinéma, on joua Brève rencontre, instant inoubliable entre un homme et une jeune femme pas comme les autres. En moins d'une heure elle m'avait séduit, mais je dois l'avouer, je n'ai rien compris à son business. Vendre du pain Suédois quand on sait que Pouly vend son pain Paillasse de partout, faut être un peu grave de chez grave, non ?

Écrit par Sir Henry | Lien permanent | | | |  Facebook

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