14/10/2014

VICTOIRE DU MCG ET DE LA DÉMOCRATIE

Le procès politique tant attendu n'a pas eu lieu. Eric Stauffer est libre. Ouf !

 Les chefs d’accusation étaient inexistants. Le gouvernement de gauche PLR et PDC réunis ne voulait qu'éliminer le chef du MCG,  pour des actes inexistants comme cela fut le cas avec le « malintentionné » Pierre Fatio en 1777.limiter le système des combinationspour limiter le nombre des membres d’une même famille politique afin de mettre un terme à la domination de la République par des clans contre nature.

Ces idées, déjà combattues à l’époque par l’avocat Pierre Fatio, idées qui nous semblent aujourd’hui être un minimum dans un pays démocratique, affolent l’oligarchie en place. Pour ses membres, elles visent ni plus ni moins qu’à renverser les institutions. Cette aristocratie de fait (et non de droit), à laquelle appartient la vaste famille politique de Fatio, le lâche cruellement au plus mauvais moment de son combat.

En 1707 le 31 août exactement, le Petit Conseil rend son jugement. Pierre Fatio se voit condamné, sans preuves, à mort. L’avocat Fatio pourrait bien avoir été sacrifié, non pas tant pour les crimes commis que pour ceux que l’on craignait qu’il pourrait faire un jour (!)La révolte enfle et se prolonge. Il y a d’abord des conciliabules puis des manifestations. On en vient aux insultes, certains manquent de s’écharper. Tout comme ce fut le cas pour Eric Stauffer vendredi sorti par un cordon de policiers.

Restait à exécuter le malheureux député, devenu indifférent à son sort. Impossible de le faire en public, Fatio sera arquebusé assis, dans une cour de la prison de l’Évêché, au mépris des lois. Il ira au supplice «comme à une promenade», diront les témoins. Notons qu’en bon Genevois, l’homme avait demandé à mettre sa vieille perruque au lieu de la neuve.

 

2014 A quoi condamne-t-on de nos jours? Pas à mort, bien sûr. Si injuste et si peu démocratique qu’elle puisse nous sembler, la Genève d’aujourd’hui n’est ni la France de Louis XIV ni, a fortiori, la Russie de Pierre le Grand. Le gouvernement se contente donc d’amender, de «mettre en prison politique» ou de bannir pour des périodes allant de nombreux mois, voire à la perpétuité de siéger dans les commissions parlementaires, comme ce fut déjà le cas pour Stauffer ou le député Henry Rappaz par le passé, ce qui, qui correspond à un anéantissement social quand la presse vient vous en ajouter une couche.

Il n’en reste suite à l’attitude vue et vécue en ce vendredi, un Droin, un  Slatkine, un Bugnon ou un Hiltpold, en 1770 auraient sans aucun doute fait exécuter l’innocent député Fatio.

Eric Stauffer est finalement un sacré veinard d’être né au XXIe siècle et que les arquebuses soient rangées au musée d’Art et d’Histoire, non ?

Écrit par Sir Henry | Lien permanent | | | |  Facebook

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